La tête

Le oui et le non

Le cou, l'atlas et l'axis : le port de tête, plateforme du regard et de l'équilibre.

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L'anatomie vivante

Le cou est un passage étroit entre le tronc et la tête. Sept vertèbres cervicales y font tenir un très grand mouvement dans un très petit espace. Les deux premières sont à part : elles ne ressemblent à aucune autre, et ce sont elles qui portent et orientent la tête.

Planche Bourgery, l'atlas et l'axis

L'atlas et l'axis, le oui et le non

Les deux premières vertèbres du cou, pas comme les autres. La première porte la tête (le « oui ») ; la seconde a une dent-pivot autour de laquelle la tête tourne (le « non »).

Planche de Bourgery & Jacob, Traité complet de l’anatomie de l’homme (1831), domaine public.

L'atlas (C1) et le « oui »

La première vertèbre s'appelle l'atlas, comme le géant qui porte le monde : c'est elle qui porte la tête. Le crâne se pose sur elle comme sur deux petits berceaux. Là, entre le crâne et l'atlas, se fait le « oui » : la tête bascule en avant et en arrière.

L'axis (C2) et le « non »

La deuxième vertèbre est l'axis. Elle porte une dent verticale, un pivot, autour duquel l'atlas, et la tête posée sur lui, tourne : c'est le « non », la rotation d'un côté à l'autre. Le « oui » se fait au-dessus de l'atlas, le « non » entre l'atlas et l'axis. Deux étages, deux gestes, pour un seul port de tête.

La tête, plateforme du regard

La tête n'est pas qu'un poids à porter : c'est la plateforme du regard. Elle abrite les yeux, qui cherchent l'horizon, et le sens de l'équilibre. La façon dont elle est posée règle tout l'aplomb du corps.

Et elle tient le mieux sur une nuque libre : pas une nuque raidie. Quand la nuque se serre pour « tenir » la tête, l'atlas et l'axis se figent : le « oui » et le « non » s'appauvrissent, et le regard se fixe. Une nuque libre rend à la tête sa mobilité fine et au regard son ouverture.

Un autre regard

« Tiens-toi droit, menton relevé, tête haute » : le port de tête est demandé depuis toujours, et pour une bonne raison : la tête haute ouvre le regard et allonge tout le corps. On l'a souvent demandé comme une posture à tenir. La tentation, alors, est de verrouiller la nuque. Mais une nuque serrée n'est pas stable, elle est figée.

L'AFCMD renverse la consigne : l'équilibre ne naît pas d'une nuque verrouillée, mais d'une nuque libre. La tête n'a pas à être tenue par le bas, elle est portée, en équilibre, et laissée libre de s'orienter. Alors l'aplomb se fait de lui-même, et le regard peut voyager sans que tout le corps se crispe.

Le cou est un passage délicat, entre le centre et le regard. En prendre soin, c'est moins le renforcer que le libérer, laisser la tête dire « oui » et « non » avec aisance.

Les pionniers

Irmgard Bartenieff a étudié les connectivités : comment le port de tête dialogue avec l'axe entier, de la nuque au sacrum, plutôt qu'en segments isolés.

Ce qui est relié

Il est le passage entre l'axe qui le porte et la plateforme qu'il oriente.

Et côté histoire : ce port de tête qui pose le regard et le rend éloquent, Delsarte en a fait le cœur de son étude, la tête et le regard qui révèlent l'intériorité, avant même le geste.

Pour comprendre

Les mots de cette fiche, en clair.

Atlas (1re vertèbre, C1)

La toute première vertèbre, juste sous le crâne. Elle porte la tête comme le géant Atlas portait le monde : c'est sur elle que la tête dit « oui ».

Axis (2e vertèbre, C2)

La vertèbre juste en dessous. Elle porte une petite dent verticale sur laquelle l'atlas pivote : c'est grâce à elle que la tête dit « non ».

Le oui / le non

Deux mouvements, deux étages. Le « oui » (la tête bascule en avant et en arrière) se fait entre le crâne et l'atlas. Le « non » (la tête tourne de côté) se fait entre l'atlas et l'axis.

Muscles sous-occipitaux

De tout petits muscles cachés au fond de la nuque, entre la base du crâne et les deux premières vertèbres. Ils ajustent la tête au millimètre et règlent la hauteur du regard.

Muscles longs du cou

Des muscles situés à l'avant des cervicales. Ils stabilisent le cou de l'intérieur pour que la tête reste posée, sans que la nuque ait à se serrer.

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